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Politique

Seront traités les sujets d'actualité politique, les expériences vécues par l'auteure et les débats sur les recompositions politiques.

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dimanche 15 avril 2018

Vers un Parlement tenu en laisse par l’Elysée...

Vous devriez vous intéresser sérieusement à la réforme constitutionnelle concoctée par Macron, qui après l’avis du Conseil d’Etat, sera soumise au Conseil des Ministres, le 9 mai. Il y a parfois notamment dans la gauche révolutionnaire une fâcheuse tendance à sous-estimer le rôle des institutions, à ne pas bien prendre la mesure de leurs conséquences sur les rapports sociaux et la démocratie. Comme parfois des camarades théorisent sur les luttes, comme si elles étaient hors-sol, comme si ne les conditionnaient pas pour partie les institutions, les lois, l’opinion publique. J’en parle d’expérience pour avoir vécu dans la CGT, à la fin des années 80, l’adoption au niveau de l’Europe des fameuses directives sur l’ouverture à la concurrence des services publics. Bien des camarades, et souvent occupant des responsabilités syndicales importantes, expliquaient qu’on n’en avait rien à cirer des directives européennes car seul comptait le rapport des forces découlant des luttes qui rendraient inopérantes ces directives. J’ai mesuré combien dans certaines Fédérations de ce qu’on appelait le secteur public et nationalisé, le vieux fond anarcho-syndicaliste de la CGT avait laissé des traces, anti-étatiques et anti-institutionnelles. Le problème c’est que le gouvernement lui s’appuyait sur ces directives au nom de la légalité institutionnelle européenne ! Il aurait fallu, tout de suite, batailler très fort avec des campagnes d’envergure en direction des usagers, des collectivités, des populations pour expliquer et dénoncer ces directives européennes. Le Parti Socialiste porte une responsabilité historique pour avoir avalisé et relayé dès le départ, au nom de l’idéologie libérale et du crédo de la construction européenne, ces directives. En quelques années, elles ont permis de liquider le service public d’ EDF, de la Poste, des Télécoms, etc...et maintenant de les appliquer à la SNCF. Aussi, ce que prépare Macron doit être apprécié à la hauteur de l’enjeu de ces modifications institutionnelles. Gardons nous de nos vieux démons anti parlementaires ! Car ce n’est pas ce qui devrait être amélioré et démocratisé dans la conception et le fonctionnement du Parlement qui va l’être ! C’est une mise sous tutelle de l’Elysée que veut le Président et un affaiblissement du rôle des élus de la Nation. La réduction du nombre de parlementaires de 30% va éloigner encore un peu plus les élus de leurs mandants ! Déjà qu’on les voyait pas trop sur le terrain, on imagine les conséquences de circonscriptions plus étendues ! Il y a trois députés pour le Loir et Cher. Pas une débauche. Deux demain ? Il faut reconnaître que le projet Macron a sa cohérence autoritaire. Pas besoin d’une pléthore de députés et sénateurs puisque par toute une série de dispositions complémentaires de la réforme vise à limiter tout ce qui relève de la liberté parlementaire. Ainsi l’exécutif veut décider davantage de l’ordre du jour des Assemblées. Il veut limiter l’initiative parlementaire sur les propositions de loi, sur les débats en commissions, sur les amendements. Au nom bien sûr de « l’efficacité »  et des «  raccourcissements des délais », il entend accélérer les échanges entre Assemblée et Sénat pour boucler rapidement les votes. Et bien d’autres mesures présentées, comme « techniques » qui vont toutes dans le même sens : vider la représentation populaire de sa substance, faire voter ce que exige l’exécutif et renforcer le caractère présidentiel de nos institutions qui, sur ce plan, sont déjà bien charpentées ! C’est à l’aune de ce Parlement réduit qu’il faut mette en parallèle l’injection de 15% de proportionnelle. Des calculs ont été faits et démontrent que ce pourcentage ne modifiera que très peu le poids actuel de chaque groupe. Une mini dose de proportionnelle pour la jouer « je suis un démocrate » et une super dose de centralisation élyséenne pour la jouer efficacité et modernité. Par réformes successives, nous nous acheminons vers une sorte de régime monarchie de Juillet, de moins en moins républicain et de plus en plus de droit divin. Et, sans riposte populaire, on n’a peut-être pas tout vu ..... la montée des périls internationaux sert toujours les atteintes des droits et des libertés.

lundi 12 mars 2018

MAYOTTE : INSÉCURITÉ ...CHERCHEZ LA MISÈRE !

Mayotte ....combien de nos concitoyens métropolitains savent où se trouve Mayotte et seraient en état de donner le nom du chef lieu de ce département français depuis 2009 ? Mayotte achetée par la France en 1841, incluse dans l’Archipel des Comores, érigé en colonie en 1946 et qui choisit en 1974 de rester française alors que le reste de l’Archipel optait pour l’Indépendance. Et depuis 2014, elle a le statut dans l’Union Européenne, de « région ultra périphérique » ( je suis admirative du vocabulaire de Bruxelles pour vous faire prendre des vessies pour des lanternes ) Après les mouvements sociaux d’envergure en Guadeloupe, il y a peu d’années, ceux de Guyane plus récemment, c’est au tour de Mayotte de vivre depuis trois semaines un mouvement social qui mérite attention. Ces mouvements ont des ingrédients et caractéristiques semblables. Ils sont animés par de très larges collectifs qui associent organisations structurées, en premier lieu les syndicats, et des groupes de citoyens ou des citoyens individuels. C’est dire s’ils reflètent la diversité des milieux sociaux, la communauté de leurs revendications et aspirations et un rapport de forces en conséquence. Ils mettent en avant l’insécurité qui prend des proportions et des formes qui ne sauraient être minorées. Et cela dans un contexte d’une immigration clandestine grandissante venant des autres îles des Comores. Ce phénomène de pompe aspirante des DOM français sur des voisins plus pauvres qu’eux n’est pas un phénomène nouveau. Je me souviens lors de mon premier séjour en Guyane en 1972 de l’afflux de clandestins du Surinam et du Brésil que les patrons embauchaient sur une place, tous les matins pour la journée , pour une bouchée de pain ! Et déjà les réactions que cela suscitait chez les Guyanais. Aussi, voilà Mayotte devenant un sujet d’Audimat. Quelle aubaine, de la violence et de l’immigration clandestine ! Et le bordel social. Tremblez, braves gens. Voilà ce qui vous attend ! Mais le brasier alimentant l’insécurité sur l’île est présent depuis longtemps. Il s’alimente aux braises des misères. Mayotte est le département le plus pauvre de France. Elle n’a pas encore amorcé l’évolution régulatrice de la fécondité, ce qui revêt toujours une dimension culturelle et économique. 84 % de la population est en deçà du seuil de pauvreté ! Oui, 84% ! Le chômage approche les 30 %. Le manque de classes, d’équipements sociaux, de services publics, exaspère la population. Arrêtons là l’énumération des brillants résultats de la départementalisation. La France n’a pas à être fière et filer des leçons à tant d’autres pays ! Tous les gouvernements depuis 1946 sont responsables. Ils ne jouaient pas leur élection sur le sort de Mayotte l’inconnue. A en juger par les premiers propos de la Ministre des Outre-Mer, on peut s’interroger sur ce que va faire le gouvernement. Ça débute par une démarche « technocratique » comme d’habitude. La Ministre propose : une méthode, un calendrier, un travail de fond... ! Comme si les problèmes n’étaient pas identifiés. La population veut des décisions politiques et des sous ! On causera technique et dossiers après. Mais je parie que dès aujourd’hui, on va annoncer l’arrivée de forces de police supplémentaires. Je pense que nos concitoyens devraient être attentifs à la situation à Mayotte. Car, la destruction économique et sociale en cours, ici sur le territoire métropolitain, nous rapproche lentement mais sûrement vers une situation de pays, hier dit en voie de développement et de nouveau aujourd’hui, redevenus sous-développés. Ayons en tête, le récent texte publié par les sommités des médecins anglais, déclarant que l’état du système public de santé britannique avait atteint un tel seuil de dégradation qu’il était devenu celui, précisément, d’un pays sous-développé. Merci aux politiques libérales. Grâce à Madame Tatcher, nos amis anglais ont pris un peu d’avance sur nous. Soyons solidaires des populations de Mayotte mais aussi de toutes les victimes de la pauvreté, condamnées à fuir pour espérer survivre.

lundi 5 mars 2018

Italie : « Che bordello ! » ....peut-être, mais à prendre très au sérieux.

Ce « Che bordello » est un titre de la presse italienne de ce matin. Gardon-nous d’y voir un résultat électoral traduisant la culture et les comportements que nous français, qui nous voulons héritiers de la raison et du cartésianisme, attribuons facilement à nos amis transalpins. Le résultat des élections italiennes n’est certes pas une divine surprise. C’était un désastre annoncé. Une gauche alternative infinitésimale. Le parti de Renzi, jumeau de En Marche, à la dérive. Et ce sont des partis réactionnaires ou carrément fascisants ( 5 Étoiles, Forza Italia, la Ligue du Nord ) qui pour une majorité d’Italiens, qui par ailleurs ont massivement voté, représentent le changement ! Ainsi, se vérifie une fois de plus que quand des forces politiques ( Parti de Matteo Renzi, ex socialistes, ex communistes) mettent en œuvre des politiques libérales, impulsées par l’UE, ça finit dans la mises en selle de partis qui eux vont achever la besogne de remise en cause des acquis sociaux et des libertés démocratiques. Il ne suffit donc pas d’être jeune et avoir une gueule sympa à la Rastignac et de se gargariser de modernité ! La peopleisation de la vie publique à ses limites. Comme le dit le proverbe breton qu’aimait citer mon grand-père : « L’amour de dure pas longtemps quand on danse devant le buffet vide » ! Ce qui se passe en Italie renforce le camp des forces les plus conservatrices en Europe, particulièrement les gouvernements actuels de plusieurs ex-pays socialistes. Elle file un sacré coup de pouce aux positions racistes, xénophobes, anti-migrants. Elle pose de manière exacerbée l’urgence de régler des situations devenues intolérables pour la population, comme en Italie, la propreté des villes, le chômage des jeunes, les transports, etc. Cette désespérance sociale risque de déboucher sur le recours, une nouvelle fois, dans son histoire à un pouvoir fort, un pouvoir réputé capable de résoudre, au besoin par la force, ces situations. Avez-vous vu à la TV, ce reportage sur ces dizaines et dizaines de milliers de jeunes italiens qui font le tour de l’Italie pour se présenter en masse aux concours publics, même pour une poignée de places. Des transports spéciaux low-cost en bus se sont créés pour ce nouveau « marché » ! Au moment où chez nous, le pouvoir s’apprête à zigouiller le statut des cheminots, puis celui de la Fonction Publique, avoir un vrai job à temps plein et permanent, est bien une aspiration des jeunes pour vivre leur vie ! Mais ceci explique aussi le vote italien. L’Italie est une nation jeune : 150 ans. Elle a connu le fascisme au pouvoir pendant plus de 20 ans. Elle a des lettres de noblesse acquises dans la lutte antifasciste avec un PCI sorti très renforcé de la guerre mais qui n’a pas pris lui aussi les dimensions des luttes de classe d’aujourd’hui. Je n’en rajoute pas. Nous arrivons à un tel degré de chocs des contradictions entre diktats du capital et besoins sociaux au sens large, que le risque est de plus en plus proche d’assister au retour ou à l’arrivée dans dans nos pays, de gouvernements fascistes, même repeints aux couleurs des thèmes porteurs du moment : le jeunisme, la défense de la planète, l’anti-élitisme, la base contre les appareils, etc. La situation italienne confirme, si besoin était, que la question de l’Europe est pour, l’essentiel, la clé de voûte de ces devenirs. Ce qui me préoccupe, moi petite-fille d’émigrés italiens, c’est le racisme qui gagne l’Italie. Il est vrai qu’elle n’était pas, comme la France, une terre d’immigration mais d’émigration. Il est tout aussi vrai qu’un fossé existait entre le Nord et le Sud et que les migrations internes vers le Nord ne furent pas toujours bien vécues. Déjà, Siciliens, Napolitains, Calabrais et autres étaient accusés de bénéficier de trop de crédits publics ! Mais l’Italie ne fut pas terre d’antisémitisme ni de rejet d’autres civilisations ou religions. L’afflux massif des migrants et réfugiés de Méditerranée, sur fond de reculs sociaux et de chômage, a changé la donne. Il y a vraiment un boulot titanesque d’explication, de conviction, de propositions concrètes à construire pour solidariser nos luttes en France ( et ailleurs ) et celles pour que des populations ne soient plus condamnées à un exil pour espérer survivre. Divisions entre salariés et catégories sociales dans un pays et divisions entre peuples s’auto-nourrissent. Et renvoient à ma question récurrente : forces alternatives françaises, on arrête de se regarder le nombril et on prend, dans les plus larges convergences, à bras le corps ces enjeux qui ne peuvent plus guère être différés.

jeudi 1 mars 2018

L’imaginaire collectif et Mélenchon.

Je déserte un peu mon blog car je prépare une prochaine conférence. Donc le grand jeu : texte à rédiger pour publier sur le site, PowerPoint pour permettre au public de suivre ( et servant de support pour ma mémoire ! ), choix des illustrations. Je suis plongée à travers un personnage hors du commun dans l’affaire des « possédées » d’Auxonne en 1658-62. Défilent donc la Contre Réforme et le parti dévot, les séquelles des guerres de religion, les guerres de conquête de la Franche-Comté et je vous en passe. J’adore me saisir d’un sujet ou personnage qui n’intéresse personne et de l’étudier en le resituant dans les données générales dont il est la résultante locale et/ou individuelle. Mais il est 17 h 30. Vu le temps, je bosse depuis ce matin. J’ai ma dose de moniales en folie et d’exorcistes fou furieux ! J’ai donc tapoté sur Internet sans sujet précis et je suis tombée sur un article du Monde intitulé : « Mélenchon théorise la guerre permanente contre le « parti » médiatique ». Il y est fait état d’une note «que le Monde a pu se procurer » ( donc super prudence ! ) portant compte rendu d’une réunion interne de LFI sur ce sujet. Ce qui a éveillé mon intérêt, c’est une phrase qu’aurait prononcée Mélenchon ( toujours de la prudence ! ), inspirée de Gramsci : «  L’hégémonie culturelle se gagnera par la production d’un imaginaire collectif s’incarnant par des mots et des personnages dans leur manière d’être ». Mes neurones ont été trop malmenés ce jour pour me lancer dans des exégèses gramsciennes ! Mais il y a du vrai dans cette sentence. Le « Messieurs, nous ne sortirons d’ici que par la force des baïonnettes » est indissociable de notre imaginaires sur 1789 comme l’est. : «  L’état, c’est moi », symbolisant monarchie absolue et fastes du Grand Siècle, etc. La question qui immédiatement a surgi dans mon esprit c’est : OK, mais quels mots et quels personnages en ce mois de mars 2018 ? Les gens ? Cette expression ça passe bien dans un meeting mais c’est un peu léger pour en faire un concept identifiant et surtout ça brouille la place de chacun ou de catégories sociales par rapport à l’exploitation capitaliste. Parti médiatique ? Je n’aime pas cette expression. Elle est ambiguë comme l’est parti dévot ( je suis en plein dedans ), parti de l’étranger et autres. Elle dévalorise un peu plus le mot « parti ». Elle a un déplaisant relent complotiste. Elle brouille les cartes en solidarisant contre nature des « victimes » du parti médiatique : Wauquiez, Le Pen, Mélenchon ! La sévérité légitime à exprimer sur le comportement des médias, leurs partis pris, leurs exclusives, ne peut déboucher sur des stratégies de boucs émissaires. Les médias reflètent l’état notre société : comme elle, ils sont gangrenés par l’idéologie libérale ; comme elle, leur niveau intellectuel et culturel est à la baisse ; comme elle, le fric règne en maître. Pour limiter l’impact négatif des médias, il faut reconstruire : esprit critique, pluralité des idées, débats citoyens, appétence pour la chose publique. Et cela m’ amène à la manière d’être des personnages dont parle Mélenchon. Si c’est de lui, son personnage commence à prendre l’eau. Je laisse de côté les traits de sa personnalité et ce qu’il se colporte sur ses comptes de campagne. Et puis le charisme à près de 70 ans, il faut être modeste ! Je pense ici à sa stratégie. Sectaire, méprisante, à la hussarde. Je doute beaucoup que cette stratégie œuvre à « la contribution d’un imaginaire collectif ». A très franchement parler, pour l’instant, je ne vois guère de personnages de cette envergure. Et surtout, nous n’avons pas besoin, suivant la formule consacrée, de sauveur suprême ! Par contre, pourquoi ne pas se saisir de cette belle expression « d’imaginaire collectif » pour en débattre et faire s’exprimer nos concitoyens sur les leviers de notre avenir.

samedi 10 février 2018

Agressions sexuelles ... c’est qui le prochain ?

Les scoops sur les agressions sexuelles et les hommes de pouvoir virent au roman feuilleton. On va bientôt attendre avec curiosité de connaître le prochain héros de l’épisode suivant ! J’use d’un ton badin mais je crois que ce qui se passe n’est pas banal. Comme je n’ai pas l’habitude de me faire des cadeaux, je m’interroge sur mes propres réactions. J’ai passé une bonne partie de ma vie à lutter pour les droits des femmes. Je crois avoir modestement contribué au travers des mes rapports au CESR à pointer dans les années 2000 des sujets dont on parlait encore avec réticence à l’époque : le droit des femmes de maîtriser leur corps, la PMA et la GPA, le mariage homosexuel, les violences conjugales, les violences sexuelles dont l’inceste, etc. J’ai interviewé suffisamment de femmes et de jeunes filles pour savoir combien il leur est souvent très dur de parler de ces atteintes intimes. Beaucoup ne veulent pas déposer plainte et s’enferment dans leur silence. Puis, le temps passe et il y a prescription des faits. Accompagner et soutenir ces femmes pour qu’elles se défendent en temps voulu et aillent devant la justice est donc un combat qui concerne les féministes et tout le monde. C’est aussi contribuer à ce que la Justice prenne ces femmes au sérieux et diligente sans barguigner les procédures. Faut-il s’étonner que ce qu’on appelle la libération de la parole des femmes après l’affaire Weinstein, les campagnes de « Balance ton porc », de « MeeTo » et autres, débouchent sur la mise sur la place publique d’affaires de cette nature ? Parions que ces affaires vont se multiplier. La dimension sexuelle dans la domination hommes/femmes est particulièrement forte dans le monde de la politique, si longtemps apanage exclusif des hommes. Ce dont je voudrais être sûre, c’est que ces dénonciations ne soient pas politiquement instrumentalisées ou médiatiquement exploitées pour faire de l’Audimat, pour régler des comptes politiques ou personnels ( quels que soient les partis ou idées concernées ), pour discréditer encore un peu plus les hommes politiques qui sont déjà sous l’eau. BFMTV avait fait de « l’affaire Hulot » l’information principale de toute une journée.. et ça tourne en boucle, et ça te commente ! A propos, incroyable le nombre d’experts et de spécialistes sur tout et n’importe quoi qui défilent sur le petit écran. Est-ce que j’exagère si je crains aussi que ces campagnes contribuent à discréditer le combat des femmes pour faire respecter leur dignité de femmes, en misant sur une sorte de rejet de l’opinion publique face au danger d’être traité de porc si on dit à une femme qu’elle est belle et désirable. Comme, une femme devrait pourvoir dire la même chose à un homme, sans être considérée comme une femme facile ou une pute potentielle. C’est en cela que ces révélations tardives, faites dans des circonstances parfois floues, provoquent chez moi un malaise. Hulot après Darmanin en quelques semaines dans un gouvernement qui officiellement, affiche son ambition de faire de la lutte contre les violences sexuelles, une des grandes causes du quinquennat. Genre l’arroseur arrosé. Quels caïmans s’agitent dans ce marigot ?

jeudi 8 février 2018

La Corse ...à la croisée des chemins.

Nous connaissons bien la Corse. Armand est corse par son père. Sa famille, des vignerons de père en fils, est déjà présente à Bastia au début du XVIIe siècle, obligée de s’expatrier sur le continent dans les années trente, en raison d’un incendie les ayant réduits à la misère.. Pendant près de 25 ans, nous y avons régulièrement séjourné dans notre petit F1 à Borgo, sur ce cordon lagunaire qui offre une plage de sable fin de plus de 60 Km. Depuis peu, les obligations de famille, l’éloignement et l’âge nous en ont séparé. Je vous fais grâce des habituels poncifs sur l’Ile de Beauté qui mérite pourtant, oh! combien, ce vocable. Mais mon propos aujourd’hui est de m’interroger sur les raisons de la situation actuelle et l’avenir. La France a traité la Corse comme elle a traité ses DOM-TOM et sur certains principes de fonctionnement, comme ses colonies. On y retrouve historiquement les fondements de ce qu’on appelle « le triangle colonial ». Premièrement, la population a constitué un réservoir de main d’œuvre pour le continent ; ainsi dans la tradition séculaire de cette île pauvre mais ayant aussi une élite intellectuelle, les Corses ont alimenté d’une part armée, police, gendarmerie, douaniers, etc.et d’autre part universitaires, enseignants, chercheurs. Deuxièmement, ses ressources naturelles ont été exportées sur le continent, peu transformées sur place et donc, sauf petitement dans le Nord, la sous industrialisation ( au sens large ) a caractérisé longtemps l’économie de l’île, accompagnée de peu d’investissements productifs dans les différents domaines économiques. Troisièmement, elle a dû faire venir du continent tous les produits qu’elle consommait, y compris ceux qu’elle aurait pu produire, notamment agricoles et alimentaires. Le coût de la vie en Corse est très élevé car le coût du transport est bien évidemment répercuté dans les prix ! En plus, comme dans beaucoup de régions où le tourisme est une activité dominante mais saisonnière, les prix flambent. Et les produits locaux deviennent inaccessibles aux autochtones comme le prix des fromages ou de la charcuterie corses. J’ai encore en mémoire le mécontentement de ma grand-mère, à Nice il y plus de soixante ans, qui dénonçait l’augmentation brutale du prix des fruits et légumes dès le début de la saison touristique. Comme quoi, res repetita ! Peu à peu, la Corse est devenue une région aux contrastes sociaux saisissants : le plus d’imposés sur la fortune mais le plus grand nombre de bas salaires ; la rue Campichi à Bastia avec les enseignes de fringues, de chaussures, de montres les plus prestigieuses et chères mais le plus fort taux de Cotorep ; la Corse, lanterne rouge dans de nombreux domaines, éducatifs, médicaux et d’action sociale entre autres. Une économie nourrie en très grande partie par la masse financière des rémunérations des actifs du secteur public et des pensions des retraités du même secteur. Le grand conflit de 1989 avait pourtant été révélateur des exaspérations, notamment dans le secteur public, face à ces phénomènes de vie chère et d’inégalités. Jusque dans les années 90, il fallait par exemple aller sur le continent pour une chimiothérapie, un scanner, une échographie ! Il coûtait moins cher, tout en prenant le bateau, d’aller à Marseille acheter les fournitures scolaires qu’à Bastia ! La Corse est une île. Je n’enfonce pas une porte ouverte. L’insularité est partout une caractéristique qui génère des spécificités, qui façonne la personnalité de ses habitants en fonction de leur histoire, qui structure des sensibilités et des réflexes. Elle a eu une histoire tourmentée qui, en raison de sa place stratégique en Méditerranée, ont fait d’elle, avant tout, un enjeu et une proie. Il y a d’autres régions françaises qui ont connu et connaissent encore un sous-développement chronique. Mais l’insularité de la Corse, son rattachement tardif à la France, ses spécificités, en feront une mal aimée d’une opinion publique, prompte aux caricatures, qui encore aujourd’hui estime qu’elle coûte trop cher aux deniers publics. Surtout aujourd’hui, avec la mise en concurrence des populations et des territoires, avec les diminutions de crédits, la réduction des politiques de solidarité. Je commence à m’irriter sérieusement de l’utilisation instrumentalisée de ce beau mot de « République ». La République est accommodée à toutes les sauces. On nous la transforme en une abstraction bien pratique pour faire passer en contrebande des contrefaçons de république, telle que l’a enfantée la France. La république ce n’est pas la généralisation des inégalités ici territoriales. La république ce n’est pas l’uniformisation négatrice des cultures et traits des composantes de la nation. Comme la république ce n’est pas non plus une laïcité dogmatique alimentant la xénophobie religieuse. Etc. Le nationalisme corse s’est nourri de tous ces manques : manque de développement, manque d’égalité, manque de reconnaissance des spécificités de la Corse, manque de respect pour les sensibilités corses et ses habitants. Il s’est aussi nourri des vieux ancrages irrédentistes fascisants de la Corse vers l’Italie dont on oublie trop vite qu’elle fut sa matrice historique et culturelle. La langue corse, est le résultat d’une longue évolution de parlers italianisants. Je rageais hier d’entendre Macron récupérer sans vergogne les belles pages d’histoire écrites par les Corses durant la seconde guerre mondiale, notamment par les communistes, ou avec les autres Poilus en 14-18. Je rageais devant ce flot de démagogie sur l’eldorado d’un avenir méditerranéen de la Corse. On connaît cette chanson prônée par l’Europe dans sa conception d’une diminution du rôle des Etats-Nations au bénéfice de régions coopérant entre elles. Mais je dois vous dire que je rageais aussi sur ce qui fut longtemps la position du PCF et de la CGT en Corse : la République une et indivisible qui nie tout particularisme. Mon grand-père, breton, se prenait des coups de règle sur les doigts s’il était surpris à parler breton avec ses copains par un de ces « hussards noirs » de la République qui se dévouait par ailleurs corps et âme pour leur faire réussir le certificat ! Nous n’avons pas su, pas voulu, tenir ces deux dimensions inséparables pour la Corse et laissé ainsi le champ libre aux outrances et violences nationalistes, puis aux récupérations des gouvernements socialistes et maintenant du macronisme. Je ne soutiens pas les demandes de co-officialité de la langue corse qui au delà du symbole nationaliste est une machinerie bureaucratique effarante. Ni le statut de résident qui n’est ni plus ni moins qu’un dispositif anti-continentaux. Je soutiens par contre la prise en compte de tout ce qui constitue la culture et la manière de se vivre Corses. L’écrasante majorité des Corses souhaite demeurer français. Le vote en faveur des nationalistes traduit plus un vote de défiance à l’égard des partis traditionnels et un espoir de changement en particulier de la jeunesse, qu’une volonté séparatiste. Il ne suffira pas d’écrire le nom de la Corse dans la Constitution, ni de gonfler encore les compétences de la nouvelle collectivité. La Corse a connu quatre réformes institutionnelle depuis 1982 ! La Corse a besoin tout simplement que l’Etat assume toutes ses responsabilités en mettant les bouchées doubles pour résorber tous les déficits de son développement et initier des politiques publiques de progrès économique et social. Elle a besoin d’une reconnaissance qui ne peut exister sans égalité. Les petits Corses auront envie d’apprendre la langue corse si leur île a un avenir. L’enjeu renouvelé pour la Corse, comme à d’autres époques de son histoire, c’est ce qu’elle considérera être son avenir. Si c’est pour devenir un bronze-cul supplémentaire de l’Europe du Nord, ou une plaque tournante de la drogue et de la prostitution aux mains des maffias italiennes, ou un paradis fiscal de plus coopérant avec ses confrères de Méditerranée ....alors il vaudra mieux causer anglais que corse !

vendredi 5 janvier 2018

Les ex-pays socialistes : socialisme dessus, religion dessous !

Tous ceux et celles qui, comme moi, ont fait des séjours dans les pays dits alors socialistes ( pour moi entre 1971 et leur écroulement ) avaient-ils la possibilité de se faire une idée de la situation réelle dans ces pays. Certes, il s’agissait de séjours officiels avec un programme préétabli que nous ne maîtrisions pas. On nous faisait voir ce que nos hôtes voulaient bien nous faire voir. Et c’était essentiellement des rencontres avec des officiels, une brochette composée d’un ministre ou haut fonctionnaire, le représentant du syndicat, le représentant du Parti. Il était souvent difficile de distinguer qui était qui, tant leurs propos étaient identiques. Tout allait toujours très bien dans tous les domaines. Nous étions traités comme des rois : beaux hôtels, bons restaurants, les magasins réservés aux privilégiés du régime pour nos achats-souvenirs, voitures de luxes pour nos transports, passer devant tout le monde pour visiter le tombeau de Lénine, un musée, etc. Si je l’avais voulu, j’aurais pu chaque année passer des vacances gratuites et somptueuses dans ces pays. Je ne l’ai accepté que deux fois et à condition d’un accueil « raisonnable » et dans le seul pays qui me semblait acceptable, la Hongrie. En 1972 puis en 1987. La Fédération des Fonctionnaires y était dirigée par une femme intelligente, ouverte qui sentait venir le vent des changements. Mes refus depuis tant d’années viraient au problème diplomatique. Je n’ai aucun goût pour ce type de festivités officielles. Pourtant, en observant bien, en osant demander à, par exemple, aller dans les magasins fréquentés par les citoyens ordinaires ou en posant des questions de manière innocente sur tel ou tel sujet, on pouvait se forger une opinion. Vous ne serez, peut-être pas étonnés, si je vous dis que j’avais assez vite acquis une réputation sulfureuse chez certains de nos partenaires des syndicats de fonctionnaires, notamment les russes, les tchèques et les allemands de l’Est. Mais comme j’étais une grosse bosseuse, je connaissais bien mes dossiers sur les Fonctions Publiques, les questions internationales et l’histoire de tous ces pays. Pour eux, même membre donc du Comité Central d’un parti frère, j’étais douteuse pour mes positions sur le socialisme qu’ils incarnaient mais me respectaient et faisaient gaffe avec moi en n’en rajoutant pas sur leurs succès et acceptant peu à peu de reconnaître qu’ils y avaient bien des choses à améliorer. Il faut dire que nous approchions de la fatidique année 1989. Nos débats les plus houleux portaient bien évidemment sur les libertés et la répression à l’égard de leurs opposants et dissidents. J’avais acquis, au bout de quelques séjours, deux convictions. La première, c’est qu’on ne fait pas le bonheur des peuples malgré eux. Ces pays étaient tous passés « au socialisme », dans le cadre des conséquences des deux guerres mondiales. Ils avaient basculé pour la plupart de réalités économiques, sociales, culturelles, religieuses, bien éloignées des fondamentaux du socialisme, dans des régimes plaqués, subis... mais sous la surface perduraient les anciens mode de vie, de pensée, les croyances. La religion, peut-être l’opium du Peuple pour Marx, mais toujours là, bien enfouie, mais prégnante La seconde, c’est que ces régimes appelaient de profondes transformations pour concilier la propriété collective des moyens de production avec des institutions démocratiques et des libertés individuelles. Sinon ....Ce sera pour un autre billet. VARSOVIE, un peu avant le coup d’Etat de Jarulgelski. Une réunion du Comité Directeur de l’Union Internationale des Syndicats de Fonctionnaires, adhérente à la FSM ( l’internationale où se trouvaient les syndicats des pays socialistes ). Elle commençait le lundi. J’étais arrivée le samedi. Le dimanche matin, il faisait beau, avec quelques autres camarades, nous décidons d’aller nous promener dans le centre de Varsovie. Nous entendons de la musique religieuse diffusée par hauts-parleurs. Et au détour de la rue, une Église dont tout le parvis était rempli de gens à genoux, participant à la messe dehors car l’Eglise était bondée. Nous poursuivons notre ballade et ce spectacle se renouvellera plusieurs fois. J’étais soufflée. Je n’avais jamais vu un tel spectacle de ferveur religieuse. Quant aux rues, on ce serait cru à Lourdes. Un grand nombre de magasins spécialisés dans la vente d’objets religieux. Il ne fallait pas sortir de l’ENA, pour se rendre à l’évidence : le dit socialisme n’avait non seulement pas éradiqué la religion, mais il n’était pas ou plus en état de la contenir, tant le catholicisme y était vivace et devenu une dimension politique de lutte contre le régime. Le lendemain, j’observerai que la quasi totalité des interprètes, de jeunes femmes, portaient au cou des croix de bonne taille, bien visibles. MOSCOU, quelques années avant. Nous terminions un séjour en URSS qui avait été tendu en raison de nos désaccords sur les dissidents et leur mise en hôpital psychiatrique. Je reconnais et j’assume, que je n’avais pas donné dans la courtoisie diplomatique. Mais ce qui attisait ma virulence, c’était en plus du dossier lui-même, l’indifférence des soviétiques sur les conséquences de leurs actes pour toux ceux qui dans les pays capitalistes luttaient précisément pour le socialisme ! Nous devions repartir un lundi et nos hôtes nous avaient confiés aux bons soins de l’interprète pour nous occuper le dimanche. Ce dernier connaissant ma passion pour les monuments historiques, nous propose d’aller visiter la Basilique de Zagorks et les environs. Nous étions à quelques kilomètres de notre destination, lorsque nous découvrons garés le long de la route des dizaines de cars et un nombre impressionnant de voitures, de charrettes, de vélos. Et une foule par grappes humaines se dirigeant vers la Basilique. Notre interprète, charmant par ailleurs, se décompose à vue d’œil. Il avait complètement « zappé » que ce dimanche de septembre était la St. Serge, l’un des saints les plus populaire de la vieille Russie ! Plus nous approchions de la Basilique, plus la foule était compacte. A l’intérieur, des scènes de véritable fanatisme religieux s’offrirent à nous : gens allongés sur le ventre et priant, d’autres se battant la coulpe au sens propre, pleurs et gémissements, etc. Un intérieur sombre, éclairé par des centaines de bougies reflétant les dorures des icônes, l’odeur et la fumée de l’encens. Un décor, une atmosphère qui faisaient défiler dans ma mémoire les chefs d’œuvre de la littérature russe. Inoubliable. Notre interprète nous avait mis en garde en rentrant : surtout pas un mot. Des étrangers ce sont forcément des impies ! Et il n’y avait pas que des vieux sur lesquels 50 ans de socialisme auraient glissé. Non, il y avait beaucoup de jeunes, voire très jeunes adultes. Tout ce monde avait amené de quoi casse-croûter dedans comme hors de l’Eglise. Comme il me semblait assez évident que notre interprète risquait de de faire taper sur les doigts pour nous avoir amenés à Zagorks dans de telles conditions, je lui ai proposé de dire que nous nous étions pas mal reposés, puis fait une ballade dans le vieux Moscou et la magnifique Place Rouge. Je revois son regard reconnaissant. Et ainsi, il fut fait. TALLIN ET VILNIUS dans les pays baltes. Mêmes scènes de ferveur dans les églises ou dehors. Je me souvient particulièrement d’un attroupement qui se renouvelait de manière permanente devant une vierge sur un porche entre deux rues. Ce devait être à Vilnius. Penser que le changement des données objectives dont la suppression de la propriété privée, la socialisation des moyens de production et l’étatisation des besoins sociaux seraient suffisants pour faire accepter ce type de socialisme fut une grave erreur, même pavée de bonnes intentions. C’était sous-estimer le poids des données subjectives, les structurations de tous ordres qui viennent de la longue durée de chaque histoire nationale. Parmi cette longue durée, la religion tient une place tenace ! Il suffit pour s’en convaincre de constater son retour dans chacun des pays socialistes, presque au prorata de la place qu’elle y occupait avant, avec les mêmes fastes et richesses retrouvées. En fait, elle avait toujours été là, malgré les obstacles à l’exercice de la religion, malgré les répressions à l’encontre du clergé, malgré ...malgré.... Et l’élection d’un pape polonais en 1978 était un sacré signal des ébranlements en maturation. La sous-estimation de ces données subjectives, et de la religion en particulier, ne concerne pas que notre vision d’alors des pays socialistes. Elle nous interpelle dans ce que furent aussi nos analyses sur notre pays. A suivre.

lundi 1 janvier 2018

As-tu fais, ce matin, ta BA de « cohésion sociale «  ?

Je sursoie à mon billet sur la religion et les ex-pays socialistes car depuis hier soir les vœux de Macron me trottent sous le crâne. Depuis plusieurs jours, les informations télévisées de quasi toutes les chaînes, nous avaient bassiné sur le thème de savoir quelle forme et quel contenu, il donnerait à sa prestation. On se serait cru revenus à la Cour de Louis XV quand les courtisans étaient à l’affût des bruits sur qui seraient invités à monter dans les carrosses du Roi pour participer à la prochaine chasse royale ! Le monarque nous a gratifié d’une pâle intervention, déroulant généralités et platitudes, sur un ton aussi monocorde que sûr de lui. Sur la forme ( mais n’oubliez pas que Victor Hugo disait que la forme, c’était toujours le fond qui remontait à la surface ! ), de Gaulle, Mitterand, Chirac, ça avait quand même plus de gueule, comme chefs d’Etat de la France... et pourtant, il a fait paraît-il du théâtre au bahut ! Que dire de ces journalistes à plat ventre qui nous expliquent doctement que cette prestation nous la joue à la Kennedy et à la Obama. Il est vrai que dans la palette des dirigeants du monde, les choix de comparaison sont restreints et on ne sait jamais, le mythe libéral américain version présentable du parti démocrate, ça peut peut-être encore servir le projet macronien. Une phrase a retenu particulièrement mon attention et devrait retenir la vôtre. Celle où le Président dit respecter les opinions différentes et les débats mais qu’in fine, c’est lui qui décide car il se doit d’agir. En décodé, causez, causez, le chef c’est moi. Si vous ne l’aviez pas compris depuis son accession au pouvoir, voilà une salutaire piqûre de rappel. Mais c’est bien sûr sa tirade sur la « cohésion sociale » qui est le clou des vœux présidentiels. Nous avions « la fracture sociale » de Chirac, qui fut fort gratifiante électoralement en 1995. Nous avons maintenant « la cohésion sociale » et toutes les vertus du collectif sur l’individualisme, ainsi que le retour du thème de la Nation Quand ces thématiques deviennent des slogans politiques pour tenants du libéralisme qu’ils se disent de droite, du centre, de gauche ou du mi-mi, c’est que la situation sociale se dégrade et que monte la peur des mouvements sociaux, sans parler des ébranlements de régime. Ce constat ne se dément pas depuis la moitié du XIX siècle. Les RG, les Préfets, quelques têtes pensantes encore lucides, savent faire remonter les réalités du terrain. Elles ne doivent pas être très brillantes pour le pouvoir. J’écoute autour de moi, dans ma province et son tissu de petites villes et ses communes rurales. Ça râle de partout mais hélas personne ne réagit. En écoutant le Président la main sur le cœur de notre cohésion, je pensais à l’adage que plus le mensonge est gros, plus il passe ! Ce matin, une avalanche de hausses des prix qui va accentuer les inégalités entre ceux qui peuvent encore payer et ceux qui bientôt ne pourront plus. Ce matin, l’augmentation de la CSG enfonce un coin terrible entre actifs et retraités. L’autoritarisme à l’encontre des migrants et des SDF se renforce. Les employeurs vont pouvoir se débarrasser de leurs salariés collectivement, comme de troupeaux. Etc. Etc.....mais rassurez-vous, « tout va très bien, madame la marquise », comme le chantaient, de manière salutaire, des voix impertinentes sous l’Occupation ! La cohésion sociale est en marche. Notre Président nous a invité à nous demander chaque matin ce que chacun d’entre nous pouvait faire pour notre Nation et son collectif. Chiche ! Prenons-le au mot. Amis et camarades, chaque jour, initions un acte, un propos, un projet. qui soient autant de petites pierres de la reconstruction du chemin de la transformation politique, institutionnelle et sociale de notre pays. Bonne année 2018, pour vous et les vôtres.

mardi 26 décembre 2017

"Du vin et des roses "... la délégation du PCF au XXVIIe Congrès du PCUS (1986 ).

Dans les enseignements à tirer de nos expériences passées, ceux relatifs à nos rapports avec les ex-pays socialistes devrait occuper une place importante. Le PCF, et à un moindre degré la CGT, ont payé une note salée pour avoir résisté durant des décennies aux déchaînements contre ces pays dont l’audace d’avoir aboli la propriété privée des moyens de production et les enjeux géo-politiques qu’ils représentaient, pesaient plus lourd pour le monde occidental que les victimes du stalinisme ! Mais cela dit, nous ne pouvons nous exonérer de regarder, « les yeux ouverts », suivant l’expression d’Henri Krasucki, comment nous nous sommes comportés et surtout les fondements de ces comportements. J’initie donc une série de billets sur des faits vécus, qui m’avaient fait beaucoup réfléchir mais sur lesquels avec tant d’autres camarades aussi lucides et critiques que moi en interne, nous avons pratiqué une censure externe volontaire pour ne pas donner de grain à moudre aux adversaires du socialisme. Nous le pensions sincèrement.

«  Du vin et des roses »... la délégation du PCF 
au XXVIIe Congrès du PCUS (1986 ) 

En ce début d’année 1986, les élections législatives se préparent en France. Elles s’annoncent complexes. Le mécontentement à l’encontre de la politique socialiste monte en puissance. Un nouveau mode de scrutin va être mis en œuvre : des listes départementales au scrutin proportionnel intégral. Les législatives se solderont par la victoire de la droite et donc la première cohabitation ; un important recul du PCF qui perd près de 6,5% ; il est talonné par le Front National qui fait son entrée au Parlement. A y regarder de près ( certes, me diront certains, avec le recul du temps ! ), les ingrédients qui vont mitonner l’actuel désastre politique à gauche, étaient déjà bien présents et visibles. Mais ce n’est pas mon propos d’aujourd’hui. La direction du PCF est donc branchée sur ces élections et va désigner pour participer au XXVIIe Congrès du PCUS ( 25 février-6 mars ), une délégation à la composition disons de niveau« moyen » et surtout avec des camarades non impliqués directement dans les élections.. Pourtant ce Congrès est le premier depuis l’accession de Gorbatchev au secrétariat général du PCUS en mars 1985. Il a rencontré Marchais en septembre. Il a lancé la Glasnost ( la politique de transparence ) avec des signes pour l’Occident comme la publication du livre jusqu’alors interdit de Pasternak, « Le docteur Jivago » et la Pérestroika ( la politique de restructurations économiques ) démarre. La situation à l’intérieur du PCUS est conflictuelle, avec plusieurs tendances gravitant autour des tenants de Gorbatchev, des radicaux d’Eltsine et des conservateurs qui tenteront quelques années plus tard le putsch qui achèvera de liquider ce qu’il subsistait de l’URSS. C’est Gaston Plissonnier qui conduit la délégation, composée de Georges Séguy, ancien secrétaire général de la CGT, René Andrieu, ancien rédacteur en chef de l’Humanité, Charles Négre de la Polex ( secteur international ) et de moi. Je ne m’attendais pas à cette proposition et je l’ai appréciée car l’événement était peu commun ! Disons tout : Gaston Plissonnier me fichait un peu la trouille ! C’était un petit homme tout sec, à l’accent de son terroir natal, l’air revêche, toujours en mouvement, qui avait la réputation « de faire et défaire les rois » à l’intérieur du Parti et qui était craint. Le genre dont on dit qu’il vaut mieux tourner sept fois sa langue avant de lui parler ....et moi et mon incapacité à taire parfois ce que je pense !!! A l’extérieur, les médias lui avaient confectionné le costume de stalinien pur sucre. Je connaissais Andrieu avec qui j’avais été souvent en contact lorsqu’il dirigeait l’Humanité. C’était un homme qu’on n’oublie pas : cultivé et élégant, gentil et ouvert, et une plume raffinée et percutante d’intellectuel mise au service de ses idéaux. Charles Negre, un quadra comme moi, était particulièrement pointu sur les questions internationales et lui aussi très sympa. Et de bien entendu, Séguy et moi, étions de vieilles connaissances. Ces détails pour vous dire qu’en plus de l’objet passionnant de notre séjour en URSS, je garde un excellent souvenir de l’ambiance dans la délégation d’autant que le Plissonnier que je vais vite découvrir, n’a pas grand chose à voir avec ce qu’il en est dit. Il est timide, discret, soucieux que tout aille bien pour chacun d’entre nous et nous incitant à nous exprimer franchement sur nos impressions. J’ai toujours aimé poser des questions à des dirigeants d’expérience et âgés, du Parti ou de la CGT sur notre histoire. Il y a toujours à apprendre pour comprendre. Gaston m’a beaucoup parlé de ses modestes origines, de son engagement dans la Résistance ; de ce qu’avait représenté pour lui Waldeck Rochet, secrétaire général du Parti après Thorez ; de tout ce que le Parti lui avait enseigné, substitut à des études impossibles. En l’écoutant, j’ai mesuré à nouveau ce que le Parti représentait pour cette génération issue des couches les plus pauvres et qui avait tant souffert durant la guerre pour leur Parti et pour leur pays. Et aussi, ce que symbolisait l’URSS. La victoire sur le nazisme : Stalingrad, le drapeau rouge sur le Reichstag, les 20 millions de morts russes. Le rêve sublimé d’un monde meilleur. L’URSS sans cesse menacée par l’Occident et les Etats-Unis en tête. Un immense effort affectif, oui je dis bien affectif, à effectuer par ces militants pour réaliser les horreurs commises en URSS au nom de leur idéal ! Mais aussi une crainte permanente que le Parti soit dévoyé de sa mission de transformation de la société vers des bisous-bisous avec tous ceux qui sont les adeptes de la formule si juste de Lampedusa dans son œuvre «  le Guépard » : il faut que tout change pour que rien ne change. Gaston était alors préoccupé par l’attitude de Charles Fiterman en train de s’éloigner du Parti. Il en craignait les conséquences dans le Parti sur les catégories de cadres et d’employés et la mise en tutelle des ouvriers. Car pour lui, « la classe ouvrière » était synonyme de position de classe ! Il pointait, sans le mesurer à ce moment là, ce qui était déjà un des problèmes majeurs du Parti : son rapport aux différentes catégories sociales et les évolutions de ces catégories. Mais je m’éloigne. On y reviendra. Nous arrivons donc à Moscou, où il faisait un froid sibérien avec neige et verglas, en pleine prohibition de l’alcool. Le Parti n’échappant pas au fonctionnement dit « par précèdent », le service concerné par les cadeaux, avait fait parvenir une caisse de super vins à destination de la direction du PCUS. Incroyable mais vrai ! Mais une de nos traditions nationales n’est elle pas précisément de faire d’un bon vin un cadeau apprécié ? Révolutionnaires et bien français ! La salle du Kremlin où se tenait les séances du Congrès était précédée d’une longue galerie où étaient exposés de part et d’autre, les cadeaux des partis frères. Le nôtre n’y était pas bien sûr ! Gaston n’arrêtait pas de dire « les camarades des autres pays vont penser que nous n’avons pas fait de cadeau pour des raisons de désaccords ! ». Deux ou trois jours après le début du Congrès, eut lieu un repas officiel avec la délégation française ( il y aura aussi un banquet avec toutes les délégations où nous serons présentés à Gorbachev ). Elle était présidée par le conseiller personnel de Gorbatchev pour les affaires étrangères. Une grande salle du Kremlin. Des lustres majestueux. Une vaisselle de porcelaine et d’argent dont je me demandais si elle datait des Tsars. Impressionnant. Une table couverte de mets alléchants : soupière de caviar sur glace, plateau de poissons fumés, poulet en gelée, etc....le tout arrosé d’eau ou de jus d’orange !! Et une discussion compassée faite de généralités aussi bien sur l’URSS que sur la France. Compte tenu de l’âge moyen de la table, le conseiller en question s’attarda complaisamment sur ses problèmes de santé. Ainsi nous apprîmes qu’il se procurait ses médicaments via l’ambassade soviétique en Suisse ! Dès ce moment là, j’ai eu le sentiment que les soviétiques n’avaient cure de ce que pouvait bien penser le PCF. Ils devaient nous appliquer la formule de Nehru à ses hôtes étrangers : « vous pesez combien »? Et le PCF maigrissait à vue d’œil ! En sortant de ce gueuleton anti-alcoolique, Séguy et Andrieu décrétèrent que les plaisanteries les plus courtes étant les meilleures, il fallait se procurer du vin. Le message fut passé à l’antenne à Moscou du fameux Jean-Baptiste Doumeng, patron d’Interagra. Le lendemain, en rentrant le soir à l’hôtel, un fringant jeune homme en survêtement, baskets et grand sac de sport, nous attendait dans le hall. On monte chez Gaston et il sort je ne sais plus combien de bouteilles de ce qui se révélera être un sublime bordeaux. Notre Gaston inquiet pour la réputation de la délégation dit tout de go qu’il ne pouvait garder ces bouteilles dans sa chambre. Elles furent réparties entre les quatre autres avec pour consigne de les jeter lorsqu’elles seront vides, discrètement dans des poubelles éloignées de notre étage. Et tous les soirs, nous nous réunissions chez Gaston, amenant notre verre à dent, savourant religieusement un verre de vin en analysant la journée. Lorsqu’à la fin du Congrès, nous partirons quelques jours à Minsk, nous achèverons notre dernière bouteille dans le train. Même rituel : réunion dans la cabine-couchette de Gaston avec notre verre à dent. Les rideaux bien baissés pour éviter d’être vus par le cerbère responsable du wagon ! Ce sont souvent des détails qui actent le fondamental. Nous étions des communistes mais des communistes français : habitués à consommer du vin en mangeant ( précision inutile : aucun d’entre nous n’était un soiffard ) et prompts à la fronde pour contourner une loi autoritaire et sans lendemain. La prohibition soviétique fut un total échec avec de lourdes conséquences économiques et sanitaires. On ne modifie pas à coups de trique les habitudes d’un peuple consommateur d’alcools forts et à haute dose depuis des centenaires ( froid, misère, autoritarisme, etc. ) Le Congrès se terminait le 6 mars. Ce matin-là, en arrivant des femmes se précipitent sur Plissonnier et Séguy et les embrassent ( à la russe !! ), en les couvrant de remerciements. Et ça continue jusqu’à la salle des séances. On se demandait ce qui motivait un tel succès de nos deux camarades. Nous entrons et nous voyons posées sur les tables à la place des déléguées femmes, des roses rouges. Le Président ouvre alors la séance, en remerciant la délégation française dont bien sûr le chef et Seguy ancien secrétaire général de la CGT, pour la distribution de roses aux femmes déléguées pour la célébration du 8 mars, journée internationale des Femmes. Tout le Congrès debout, ovation interminable ! Et notre Gaston marmonnant «  C’est un coup de Doumeng. Il aurait pu au moins nous avertir ». L’ami Doumeng avait ainsi à sa manière rattrapé le loupé du cadeau officiel. C’était bien joué. Mais l’attitude de ces femmes ne m’avait pas plu. Il suffisait de les voir minauder ( et presque toutes étaient largement des quinquas ) pour se convaincre que ce qu’elles appréciaient, c’était plus l’offrande d’une rose par des hommes d’un parti frère que la solidarité effective avec les travailleuses du monde, à commencer au passage par moi ! Tout ce que j’avais eu l’occasion d’observer lors de mes voyages, m’avait grandement révélé que la situation réelle des femmes était en décalage par rapport au discours officiel. Certes l’égalité juridique avait été instaurée. Certes elles étaient présentes dans des métiers encore réputés chez nous masculins. Certes leur taux d’activité était très élevé et des infrastructures avaient été mises en place. Certes, elles étaient plus nombreuses alors dans les responsabilités publiques. Mais les racines des inégalités étaient toujours présentes, fondées comme partout sur les stéréotypes et l’infériorité de genre des femmes. Tous les métiers très féminisés étaient devenus des métiers dévalués et sous-payés ( médecins, enseignants, ingénieurs, etc). Dans les responsabilités, on les retrouvait dans les fonctions traditionnellement féminines ( comme chez nous ). Elles se coltinaient toujours l’essentiel des tâches ménagères et l’éducation des enfants ( comme chez nous ). Et je vous épargne les comportements machistes et harcèlements, particulièrement marqués !! La situation des femmes est un reflet sans appel de l’histoire sur la longue durée. Ce congrès du PCUS fut l’avant-dernier. La délégation nous avait chargé Charles Negre et moi de rédiger notre rapport. Il avait été difficile de se faire une idée nette. Le long discours de Gorbatchev avait abordé ce que nous connaissions déjà des objectifs de sa politique. L’intervention d’Eltsine avait été violente dans la forme, du genre : il faut tout jeter de l’URSS, le bébé avec l’eau sale. Les autres délégués, s’en tenaient presque tous aux éléments de langages du moment et poursuivaient avec la litanie de leurs bons résultats et du rôle majeur du Parti. À Minsk, les dirigeants rencontrés avaient été d’une prudence de sioux. Ils nous avaient fait faire la tournée de tous les hauts lieux de la Seconde Guerre, des lieux martyrs du nazisme. Nous n’étions pas dupes. Mieux valait parler du passé. Le présent était trop incertain et à hauts risques. Bref, pendant tout notre séjour, avec des interprètes appartenant aux différentes tendances, on ne savait pas où nous mettions les pieds. Ça horripilait Gaston, peu habitué à ces méandres. Charles et moi avions nous aussi prudemment terminé notre rapport, approuvé sans problème par les autres, par un très original : « Tout est ouvert, tout peut arriver ».......dans nos têtes nous n’imaginions pas que ce « tout » irait jusqu’au balayage complet et au rétablissement d’un capitalisme à la russe.

Dans d’eux-trois jour, un prochain billet qui traitera de la religion et les pays socialistes.

jeudi 21 décembre 2017

Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ... sur le chemin à gauche ?

Vous qui suivez mes billets, rassurez-vous, je ne suis pas malade. Plutôt en forme physique après notre cure pour nos vieux os. Mais j’étais en panne d’écriture ! Comme chaque fois que j’ai le moral militant en berne ! Et cette fois-ci, je l’ai vraiment. Je n’ai pas souvenance de ma longue vie publique d’avoir eu un tel sentiment d’absence de perspectives politiques, de vide idéologique car on ne peut parer de ce beau mot d’idéologie ( c’est à dire des idées dans lesquelles on croit ) l’invention quotidienne de l’eau chaude par la France Insoumise ou les analyses convenues du PCF, sans parler des autres groupuscules de ce qu’il survit des troupes de Hamon et des Verts. Je vous épargne les résidus des formations dites « gauchistes ». Eux refont toujours surface au moment opportun ! J’en ai une longue pratique et je sais d’expérience qu’ils fileront alors un coup de main aux forces de droite ou du réformisme pour entraver une authentique transformation. Je rêve, oui car il faut rêver, que 2018 verra une lueur paraître enfin sur ce chemin à gauche ! Mais, avant, comment avons-nous pu en arriver là ? Ce questionnement m’obsède régulièrement. Et le fait d’avoir déroulé le film des 50 dernières années de vie publique à travers mes billets sur l’indépendance syndicale, avive plus encore ce questionnement. Pourtant toutes ces actions et luttes de la Libération aux années 80 n’ont pas été vaines. Loin s’en faut. Elles ont permis des conquêtes sociales qui cumulées avec les acquis de 1936 et 1945-46, ont constitué un socle de résistance, pour presque deux générations, aux assauts régressifs du libéralisme mondialisé du tournant reaganien et tatcherien. C’est important d’avoir ça à l’esprit mais cela renforce l’urgence de comprendre les raisons qui ont conduit à la situation actuelle. Qu’avons-nous loupé, sous-estimé ou fait perdurer ? Il me parait trop commode et confortable de penser que les « données objectives » sont les quasi seules responsables. Je n’ai aucun goût pour le battage de couple, pour les séances de psychanalyse collective, pour les y’à qu’à. Mais, si j’ai une conviction, c’est que nous ne reconstruirons rien de porteur, que nous ne susciterons pas l’enthousiasme indispensable aux grandes causes, si nous ne mettons pas tout à plat : collectivement mais aussi individuellement surtout pour ceux d’entre nous qui avons eu la confiance de nos camarades au travers nos mandats. Pour pouvoir à nouveau se projeter vers l’avenir, nous nous devons de tirer toutes les expériences ( j’aime pas le moralisateur « leçons » ) de notre passé. Rien n’est noir ou blanc, bien ou mal, beau ou laid. Mes recherches depuis plus de vingt ans sur l’histoire dite faussement « locale », m’ont appris que le mélange entre « ancien » et « nouveau » caractérise mouvements des sociétés et comportements humains. Et pour faire mentir l’adage qui dit que les conseilleurs ne sont pas les payeurs, je vais prendre ma part à cette recherche en me posant aussi à moi toutes les questions y compris celles qui fâchent. Je ne les aime pas, mais je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année ! Et surtout, je vous remercie pour me lire. Je ne vous connais pas pour la grande majorité d’entre-vous. Vous ne commentez pas mes textes. Je me demande souvent pourquoi. Bon, ça fonctionne comme ça ! À bientôt.

vendredi 17 novembre 2017

Le temps des cathédrales.....

Stéphane Bern, chargé de mission par Macron, propose de faire payer les touristes pour pouvoir visiter les cathédrales ....même les Églises deviennent une marchandise ! Pour faire passer cette hérésie, on dit que d’autres pays en Europe pratiquent cette tarification ! On commence à connaître : on va chercher chez les voisins des exemples bien significatifs du libéralisme pour justifier leur application chez nous. Et puis, ben voyons, si l’Italie s’y est mise, un de ces pays symboles du catholicisme, alors pourquoi pas nous ?

D’abord, parce que précisément notre rapport aux monuments religieux n’est pas la même. Nous sommes le pays qui, avec la Révolution et la séparation de l’État et de l’Eglise, est propriétaire des édifices religieux. Les travaux et le gros entretien sont à la charge de l’Etat car ces bâtiments appartiennent à la Nation. Il n’y a d’argent pour les entretenir ? Donc faisons payer les utilisateurs ! Attention, ne rêvez pas : on réparera ce qui sera considéré rentable ; tout le reste pourra religieusement s’écrouler ! Et comme il faut que l’Etat sauve la face, il promet ce jour 362 millions d’euros pour le Patrimoine plus modeste que nos cathédrales ou les prestigieux châteaux financés eux par le mécénat international, c’est à dire la mendicité auprès des millionnaires flattés d’avoir une plaque de reconnaissance sur un mur de Versailles et qui se moquent pas mal de mon donjon de Montrichard en piètre état. Cette somme est inférieure au prix des 450 millions de dollars que vient de se payer un richissime inconnu pour le tableau du Christ de Léonard de Vinci ! Le prix, au nom de l’offre et de la demande de tels chefs d’œuvre, n’a aucun sens. Ils appartiennent à toute l’humanité et doivent pouvoir être vus et admirés dans des musées publics. Et si on s’attaquait résolument à la fraude fiscale ? De quoi combler les caisses de la protection sociale et réparer églises et châteaux, grand et petit patrimoine. Je suis athée mais je considère que le patrimoine architectural religieux, en premier lieu les cathédrales, sont partie intégrante de notre mémoire collective, de notre histoire, du génie humain de tous ces architectes, maçons, sculpteurs, vitriers, etc. C’est un devoir imprescriptible de l’Etat de conserver ce Patrimoine.

Puis, parce que la Culture doit être accessible à tous. Une fois de plus, il nous est proposé une sélection des touristes par l’argent, toujours l’argent. J’habite une région dont le tourisme est assis sur son patrimoine architectural. Les grands châteaux trustent l’essentiel des visites notamment par le canal des voyages organisés qui incluent les tarifs des châteaux dans leurs forfaits. Les petits châteaux connaissent eux des baisses de fréquentation car leurs tarifs ( environ 10€ ) sont estimés trop cher. Le succès grandissant des Journées du Patrimoine, où les entrées sont gratuites ou à petits prix, témoigne que le coût de la Culture est une dimension première pour bien des gens. Tout le mois d’octobre, le Conseil Départemental de Loir et Cher a ouvert gratuitement le château de Chambord aux habitants du département sur justificatif de domicile, ... ce fut une réussite totale. Le Château n’a pas désempli !!

Enfin, je pense à ceux qui « croient au ciel », comme l’a écrit Aragon. Les fidèles venant à la messe ne payeraient pas. Encore heureux. Mais faudra-t’il déclarer au préalable sa foi, être inscrit sur des listes, émarger sur des registres, être séparés par des barrières bien étanches des touristes ? Et si quelqu’un, non croyant, a tout simplement envie d’un moment de réflexion, de spiritualité, de silence, dans un lieu propice comme une cathédrale, parce qu’elle procure un sentiment de paix ? Quelle originale bureaucratie en perspective ! On est vraiment très loin de l’antique vocation des lieux de cultes : lieu de refuge où la maréchaussée ne pouvait pas se saisir du pourchassé, lieu de vie avec des échoppes et des réunions, etc. Dieu n’avait pas l’air de s’en offusquer !

Je me demande ce qu’il va penser de ce tri mercantile entre toutes ses brebis. Je parie que .... Dieu reconnaîtra les siens : ceux qui sont au côté de tous ces futurs exclus de l’accès à la Culture.

Protestez tous et toutes vigoureusement contre ce projet.

lundi 16 octobre 2017

Après le «  Grand Entretien de Macron » .....il y a des baffes qui se perdent !

J’ai très scolairement regardé l’interview du Président, papier et stylo en main. Je n’ai pas écrit grand chose .... car que nous a t’il dit que nous ne sachions déjà ? Il avait déjà confié la vieille à la presse allemande que les Français étaient jaloux de ceux qui réussissaient et gagnaient de l’argent. Il nous a redit qu’il nous aimait et nous considérait ; sympa de sa part malgré tous nos défauts. Il a indiqué qu’à 65 ans et 1400 euros de retraite, nous faisions partie des riches. Les vrais riches vont être horrifiés de voir « les petits » se prendre pour des membres de leur caste ! Il a proclamé le crédo libéral de la liberté pour l’économie et de la protection pour les citoyens, en prenant soin de préciser, que ce serait pour les plus démunis. Donc si vous n’êtes pas assez riches pour payer l’impôt sur la fortune mais trop riches pour bénéficier des mesures dites de protection, alors vous payerez plein pot. Il a fait l’apologie de l’apprentissage alors que l’on sait que ce qui est décisif y compris pour la formation tout au long de la vie, c’est la durée et la qualité de la formation initiale, particulièrement avec la révolution numérique. Qu’on me permettre de pointer la banalité de ses propos sur l’apprentissage. Pendant mes sept ans au CERS Centre, je les ai entendu à longueur de réunions sur la formation. Ce qui était plaisant, c’est que tous les employeurs, y compris modestes, faisaient faire le maximum d’études à leur progéniture pour qu’ils acquièrent ces diplômes censés ne servir à rien ! L’apprentissage version libérale, c’est la recherche de l’adéquation de la main d’œuvre pour les besoins à court terme des entreprises .. la nouvelle loi travail a flexibilité et précarisé ; la prochaine loi sur la formation va nous rendre formatable à volonté ; et la réforme sur le chômage subordonnera les prestations à l’acceptation des emplois proposés ...même à des centaines de kilomètres. Le retour au Moyen-age est sur les rails. Et la cerise sur le gâteau de cette heure télévisée, dont les historiens futurs auront du mal à la mémoriser, c’est la réaffirmation de notre subordination à la politique internationale des États-Unis ! Les libéraux, et pour cause, ont toujours été des champions de l’atlantisme. Je vous fait grâce des considérations présidentielles sur les questions de société comme le harcèlement sexuel et la PMA. Sujets oh combien importants. Mais, j’ai eu le désagréable sentiment que ces sujets étaient un peu brandis comme des hochets pour faire plaisir au «  peuple de gauche », passablement malmené par l’interview présidentielle. Je me résume : un, il va falloir sérieusement se bouger pour endiguer ce reflux social généralisé ; deux, n’est pas Jupiter qui veut .... le Macron manquait sérieusement de classe hier soir. Et comme, il ne faut pas craindre d’employer des expressions populaires qu’il a dit le Président, alors il y a des baffes qui se perdent.

lundi 9 octobre 2017

La réduction et/ou la suppression des allocations familiales ...un nouveau coup à la conception française de la politique familiale.

Le gouvernement veut donc réduire voire supprimer les allocations familiales pour des couples réputés « riches » avec un salaire de 2500 euros chacun. Au nom d’une certaine conception du « bon sens » et de la « justice sociale », certains de ceux qui sont en-dessous, même très en-dessous de ce seuil, approuveront ce projet Ils seront rejoints vraisemblablement par des courants, qui au nom de l’égalité homme-femme, sont pour la suppression du système lui-même réputé entretenir les stéréotypes sur les femmes et la maternité. Il est indéniable que l’origine des allocations familiales a sa source dans les idées du catholicisme social, quand face à la victoire définitive de la République au début des années 1870 et au développement des idées socialistes et syndicalistes, la papauté a mis en avant le rôle des femmes dans la transmission des valeurs chrétiennes, la nécessité que l’ouvrier puisse décemment élever sa famille. L’idée d’un salaire familial ( la rétribution du travail et un supplément pour femme et enfants) sera propulsée. Elle donnera lieu à la création de caisses de compensations, auxquelles cotisent les employeurs, qui seront généralisés par une loi en 1932. Mais, il faut aller plus loin pour comprendre la place de la natalité dans notre histoire nationale. On ne pense pas assez à un fait majeur ( dont je dois dire modestement que je l’ai mieux perçu au travers de mes recherches d’histoire ). C’est le poids considérable de la guerre dans notre construction mémorielle. La France fut un pays en guerres quasi ininterrompues depuis le moyen-âge et qui vont demander de plus en plus de soldats, à partir des guerres de Louis XIV. C’est dire que le niveau de sa population et donc de sa natalité étaient un facteur central pour la politique extérieure du pays, sous tous les régimes. Sa natalité avait baissé à partir de la moitié du XIXe, amorçant le rééquilibrage démographique que connaissent les pays qui se développent industriellement et socialement. On sait que la défaite de 1970 nourrira les courants natalistes dont j’ai parlé plus haut. Mais le souci de la natalité sera aussi celui de courants révolutionnaires considérant que la main d’œuvre est partie intégrante des forces de production, donc de la richesse nationale. Il faut avoir en tête ces différentes données pour apprécier combien la convergence des analyses du catholicisme social et du marxisme ont œuvré à faire consensus en France sur la politique familiale. La loi du 22 août 1946 est la loi fondatrice de notre système de politique familiale, s’enracinant dans ce passé de premiers acquis. L’institution d’allocations familiales, sans condition de ressources, dès le second enfant. C’est le principe venant de 1789 de l’universalité d’un droit attaché aux individus. La Nation reconnaît ainsi un droit identique aux enfants et non aux parents. Rien à voir avec la conception libérale de droits universels réduits pour tous et le surplus financé par chacun !! Le salaire unique dès le 1er enfant. Les allocations prénatales. Les allocations de maternité. Et bien sûr le congé de maternité. Ce système français, assez unique dans son genre, a favorisé en France un taux d’activité féminine extrêmement élevé et un taux de natalité lui aussi très élevé. Cette spécificité française avait permis le renouvellement des générations, la production de la richesse nationale et le fonctionnement de notre sytème de répartition. Dans les pays ( comme Grande-Bretagne ou Allemagne) où n’existe quasiment pas de politique familiale, les femmes optent pour le travail et ne font plus d’enfants ! Mais la situation de la France risque de connaître la même évolution. Déjà notre taux de natalité a amorcé une baisse, avec les incertitudes de l’avenir et les reculs du niveau de vie de la masse des familles. Les coups contre la politique familiale projetés par les libéraux auront des conséquences d’une extrême gravité pour le devenir même de notre pays. Et dans l’immédiat, ces réformes alimenteraient de plus belles les divisions entre les catégories sociales. Elles portent en elles leur extension à la politique de santé et des remboursements diversifiés selon vos ressources !

Il faut se donner les moyens en agissant sous plein de formes pour empêcher ces mesures et au contraire, unir autour du principe que chaque enfant est un dans la République.

dimanche 24 septembre 2017

Les descendants des «Versaillais».

Versaillais, c’est le nom qui fut donné à Adolphe Thiers et ses soutiens parce que son gouvernement s’était retiré à Versailles au moment de la guerre et de la Commune de Paris. Versaillais, c’est le nom qui leur est resté comme fossoyeurs des Communards. Ces communards qui donnèrent tant de frissons de peur aux bourgeois et réactionnaires de tous poils ! La peur précisément... de la rue. Un mot qui redevient subversif ! De Macron en passant par Valls et leurs roquets ... tous crocs dehors contre Mélenchon. Il a osé dire que la rue avait chassé les nazis... erreur historique, crime de lèse majesté contre nos soldats, etc..... Tout est dans le sens que l’on donne « à la rue ». Oui, Paris s’est libérée toute seule dans et avec la rue : des Résistants et la population. Oui, dans toute la France, c’est l’héroïsme de la population, des maquis de gens ordinaires, de formes multiples de résistance des petits et des inconnus, qui dans «  la rue », c’est à dire au quotidien sur le terrain, ont fait reculer l’occupant, l’ont démoralisé, l’ont affaibli. Dire ce rôle « de la rue » au sens de l’intervention directe des gens, n’enlève rien au rôle des forces alliées dans la lutte contre Hitler. Je constate que ces bonnes âmes n’ont pas osé faire du révisionnisme sur la place décisive du peuple et de la rue dans la Révolution française et la chute de la monarchie. De plus, elles devraient ne pas avoir la mémoire courte. Ces mêmes forces savent descendre dans la rue lorsque elles estiment leurs intérêts en péril. Rappelez-vous l’énorme manifestation sur les Champs-Elysées, en soutien au général de Gaulle le 30 mai 1968, en réaction à l’autre énorme manifestation des grévistes et de la gauche deux jours avant. Et à sa disparition .... en Allemagne, chercher le soutien de l’armée. La crainte de perdre le pouvoir les a fait eux aussi recourir « à la rue ». Ce qui confirme, si besoin était, que le mouvement de masse en direct est bien la clé du combat politique ou social. Pour tout le monde. J’ai vécu ces événements. Le 28 mai, avec les miens, sur les Grands Boulevards. Je revis cette manifestation comme si c’était hier. Ma première grande manifestation avait été celle du 13 mai 1967 ... qui fit - et oui !- reculer de Gaulle sur ses ordonnances de remise en cause (déjà) de la Sécurité Sociale. J’avais été très impressionnée, moi la petite provinciale. Mais celle du 28 mai 1968, c’était bien plus qu’une manifestation. Elle m’a marqué à jamais. Je n’ai plus depuis ressenti à un tel niveau l’intensité de la volonté populaire, ce sentiment de force que donne non seulement le nombre mais autant la détermination, les idées de progrès social, la solidarité d’être des salariés, les espoirs des jeunes et des jeunes femmes. Il faisait chaud, très chaud, on restait de longs moments arrêtés et tassés ... mais quel bonheur. Oui, c’est le mot qui résume. Le 30, nous étions comme il se doit en train d’occuper notre Ministère de la Culture, place du Palais-Royal, à deux pas des Champs-Elysées. On suivait les événements à la radio. On avait envoyé deux camarades voir de près ce que donnait leur manif. Un des deux s’appelait Jean Farrugia, dirigeant du syndicat des gardiens de Musée du Louvre. Je le revois. Presque la soixantaine. Petit, sec, brun et avec intact, son accent pied noir. Un orateur d’enfer qui vous prenait aux tripes. Adoré par tous les gardiens de Musée car il avait l’art et la manière de terroriser la très intellectuelle et bourgeoise direction du Musée du Louvre et d’obtenir des résultats pour les personnels. Il nous dit en substance : « C’est énorme leur truc. Ils sont déchaînés. Ils deviennent dangereux. Mes camarades, croyez mon expérience, il n’y a qu’une issue pour poursuivre la lutte. Il faut prendre la maquis ». Toute la direction du syndicat était scotchée comme on dit maintenant. En discutant, il reconnut lui-même qu’on n’était plus durant la seconde guerre mondiale. Mais quelque temps après, je compris mieux ce qui avait ressurgi à sa mémoire. Comme il est de coutume lors de la nomination d’un nouveau ministre, nous lui avions demandé audience pour lui présenter notre cahier revendicatif ( par cahier revendicatif il faut entendre et les revendications du personnel et les revendications concernant les missions et les moyens du ministère. Les deux pour nous étaient inséparables ). Il s’agissait alors de l’arrivée au ministère d’Edmond Michelet. Alfred Piquet, notre secrétaire général lui présente les membres de la délégation. Devant Jean Farrugia, sa main reste en suspens, il devient livide et s’écrit : « Ce n’est pas possible, Jean c’est toi, c’est bien toi ? » Jean répond « oui, c’est moi ». Ils s’étreignent en sanglotant plus de cinq minutes. Nous étions tous ahuris et bouleversés . En sortant, Jean, très discret sur sa vie, nous expliquera. Jean était un tout jeune militant communiste et résistant pendant la guerre. D’abord en Algérie, puis en Métropole. Arrêté, torturé et déporté dans le même camp de concentration de Dachau qu’Edmond Michelet, logeant dans le même infâme baraquement, animant avec lui la résistance française interne du camp. Après la guerre, Jean de retour en Algérie, sera un militant du PC Algérien, travaillant avec le FLN. Arrêté et torturé à la « gégène » par l’armée française, il sera emprisonné, accusé de haute trahison, menacé d’une très lourde peine. Il fit appel à Edmond Michelet qui contribua à le faire assez vite libérer.... notamment en raison de son état de santé. Ce jour là, j’ai compris ce que furent ces liens «  à la vie, à la mort » unissant les anciens déportés. Et, à travers mes recherches sur la Résistance dans le sud du Loir et Cher, je n’ai cessé de le vérifier. Retour à l’actualité : ce 23 septembre n’était pas si nul que ça ! Il avait même belle allure dans le contexte actuel. Il aurait eu encore plus belle allure si le PCF et les syndicats qui combattent les ordonnances y avaient officiellement appelé et participé. La « rue », la peur séculaire de cette foutue « rue » ....mais comme disent les sages : «  La peur n’évitant pas le danger ».....

jeudi 21 septembre 2017

Faire revivre une nouvelle « Union du Peuple de France »

Faire revivre une nouvelle « Union du Peuple de France »

Ce serait une erreur d’analyse que de considérer la démission-exclusion de Florian Philippot du FN comme une guerre des chefs, des règlement de compte entre factions après la défaite de Marine Le Pen. Il suffit de regarder la décoration que le dit Philippot portait à sa boutonnière pour se convaincre qu’il est nécessaire de faire tourner ses méninges et sa mémoire. La Croix de Lorraine avait ce matin remplacé la flamme du FN ! La tentative de faire du FN la machine à siphonner les votes populaires qu’incarnait la stratégie Philippot, a trouvé ses limites avec les exigences des forces les plus virulentes de l’extrême droite de voir celle-ci bien ancrée dans le libéralisme et donc les politiques supra-nationales. Mais un courant existe au sein même des forces de droite qui estime que pour durer le capitalisme doit faire des concessions au monde du travail et aux évolutions des mœurs, des modes de vie. Comme il pense qu’il faut l’ancrer dans les traditions historiques françaises. Ce courant a toujours existé en France sous des formes différentes.... surtout lorsque le mouvement populaire se développe ! Il devient dangereux pour eux de laisser progresser une contestation politico-sociale autour de ce qui est pour l’instant la nébuleuse des forces se réclamant de la transformation sociale. Ils ont besoin d’une force qui récupère et dévoie ces aspirations à une Europe des Nations et non du capital, à une amélioration du niveau de vie et non un nivellement par le bas, à plus de solidarité humaine et non la jungle du chacun pour soi, à plus de démocratie dans tous les domaines et non l’autoritarisme méprisant des puissants. Nous allons voir à l’œuvre bien des Florian Philippot. En écoutant depuis ce matin, tous nos doctes « experts » de la politique, rabâchant tous la même chose, je repensais à ....1974. Et oui. Ce qu’on appelait alors « la deuxième gauche », incarnée par Rocard et la CFDT, rejoignait en masse le PS pour mieux le gangréner de l’intérieur et le tirer plus encore vers la social-démocratie. Les élections partielles en septembre portèrent recul du PCF. Les réflexions au sein du PCF sur le caractère mortifère de la stratégie de Programme Commun et d’Union de la Gauche trouvèrent là ( enfin ! ) un espace pour imposer une tentative de modifier le cours des choses. Ce fut le congrès extraordinaire de fin d’année autour d’un renouvellement stratégique, celui de l’Union du peuple de France. Parce que TOUS les salariés étaient victimes de la politique libérale qui se renforçait après les chocs pétroliers, y compris ceux qui votaient à droite. Parce qu’il fallait sortir du tète à tête avec le PS car la lucidité permettait de prévoir qu’il allait nous « bouffer ». Parce que, en France, chaque fois que le capital a besoin de monter d’un cran ou plusieurs, les politiques d’austérité, il a eu recours au PS, en raison des rapports de force existants dans notre pays en faveur des forces de progrès. Il fut impossible de changer de stratégie. Les illusions étaient fortes à l’intérieur du PCF. Au point que les militants ne comprenaient plus rien. La « gauche » et la droite ayant failli aux yeux des libéraux, alternativement, vous constaterez qu’ils ont recours aujourd’hui à une force dite ni de gauche, ni de droite ! Face à de tels enjeux, le PCF a une responsabilité authentiquement historique. Plutôt que de vouloir jouer le médiateur d’un rassemblement autour de lui de groupuscules ( le truc de Hamon, les restes de Europe Écologie Les verts, etc. ) et de laisser un boulevard à la France Insoumise, il serait plus inspiré de renouveler, certes dans le contexte d’aujourd’hui, une stratégie d’Union du Peuple de France. Il faut converger avec la France Insoumise, par la base. Il faut revenir aux fondamentaux du PCF qu’il a ou abandonné, ou édulcoré : la Nation, le peuple, la défense des immigrés, la lutte contre l’exclusion et la pauvreté, les cités. Il faut nourrir des luttes à géométrie variable sur des revendications ou aspirations rassembleuses de ce peuple de France. Une partie de ceux et celles à qui la France Insoumise « parle au cœur » doivent pouvoir trouver ( ou retrouver ) ce que le PCF a symbolisé. Mais n’oublions pas que, comme on dit, l’Histoire ne repasse jamais le même plat.

jeudi 14 septembre 2017

Contre les Ordonnances Travail : donner « l’envie de lutter ».

Les relations entre le PC, la CGT et la France Insoumise me font perdre le peu de latin dont je me souvienne ! Car je trouve cette sorte de compétition et de rivalité malsaine et aux effets très négatifs, et surtout erronée sur le fond des enjeux. La loi travail est le pivot d’une réorganisation d’ensemble des rapports sociaux et de la société. Si bien évidemment les syndicats ont un rôle de premier plan pour expliquer et convaincre les salariés de la nocivité de ces textes, ce qui se joue appelle l’intervention de toutes les forces qui se réclament de politiques anti-libérales et de transformations profondes. Car faire reculer le gouvernement sur ces ordonnances commande un sacré rapport ce forces, nourri par un mouvement d’opinion incontournable. Parce que ce sont précisément des ordonnances et que certains pensent que c’est plié. Parce que les désillusions depuis 1981 des expériences des gouvernements de gauche, ayant par deux fois inclus le PC, ont laissé des traces profondes. Parce que l’inexistence de perpective politique d’une gauche renouvelée dans son rapport aux gens, dans ses pratiques, dans sa stratégie d’acces au pouvoir, bloque l’entree dans l’action. Parce que, et je veux insister sur ce point capital à mes yeux, les ferments de division entre catégories sociales, entre villes et campagnes, entre français et immigrés, etc… sont devenues une inquiétante réalité. Les idées libérales ont gangrené bien des esprits. Elles ont favorisé le repli identitaire, le chacun pour soi, la peur du déclassement et du basculement dans la précarité et l’exclusion. L’autre qui a un peu plus devient un danger, un rival. L’heure n’est donc pas à des débats byzantins sur les vertus révolutionnaires des programmes des et des autres. L’heure n’est pas à des débats de prérogatives de compétences entre le syndicat, le Parti, le mouvement ou que sais-je. L’heure est à donner «  envie de lutter » pour empêcher ces reculs et imposer d’autres choix. Les gens ont besoin de « croire » en quelques idées qui symbolisent leurs espoirs et leur avenir. C’est la force ( où les forces ) qui saura créer les conditions de cette envie de lutter, qui agrégera autour d’elle les rapports de force anti-Macron. Je n’entends donner de leçon à personne. Mais le fait d’etre à la retraite et en dehors de la vie publique engagée, n’est pas une tare qui empêche de réfléchir, de penser et d’etre immergée dans les réalités. Nous avons besoin d’un vaste mouvement où pourront converger toutes ces forces dans leur diversité et pratiquant la belle devise des Quatre Mousquetaires « Un pour tous, et tous pour un » Sinon…..

lundi 11 septembre 2017

Colonialisme …toujours là !

Ce matin, une phrase de la Ministre de l’Outre-Mer s’exprimant à la Guadeloupe, après sa visite des îles sinistrées, à fait tilt dans ma tête. Elle expliquait au sujet des «pillages » que « le taux de la délinquance juvénile était très élevé à St. Martin » avant même le passage d’Irma.

Gouvernement : un comportement de type colonial.

Comment pourrait-il en être autrement quand on a à l'esprit les réalités sociales des Antilles en général et de ces deux îles en particulier. St. Barth et St.Martin … à un pôle le tourisme des super-riches et du showbiz, avec des boutiques de toutes les marques du grand luxe, une débauche de fric, de consommation, sans parler des trafics en tous genres ; un monde de « blancs » vivant de leurs rentes ou venus faire de l’argent ou plus ordinairement et normalement, dirai-je, travailler notamment dans les services publics. À l’autre pôle, les autochtones qui vivent dans la mouvance de ce tourisme dans des conditions d’emploi médiocres, dans des rapports de subordination, avec un effrayant chômage d’une jeunesse qui n’a comme perspective que des emplois de serveurs, femme de chambre, etc. Le soleil et les paysages paradisiaques ne compensent pas misère, humiliation et racisme. Élie Domota, le syndicaliste guadeloupéen, estime que le gouvernement a une « gestion coloniale » de ce drame. Je partage. Au-delà du manque d’anticipation d’une catastrophe annoncée, c’est l’accent mis sur la sécurité qui est insupportable. Ah sacro sainte propriété privée ! Elle prime sur le dénuement, les frustrations, les injustices. Il n’y a toujours pas d’eau, d’électricité, peu de vivres, mais la police pourchasse les « pilleurs » et un procureur est dépêché pour procéder à des inculpations. Braves gens, dormez tranquilles, l’ordre est assuré. Ca me fait penser à Victor Hugo et aux Misérables. Mais ça m’a surtout fait repenser à un fait qui n’à cessé de m’accompagner, de me faire réfléchir, de structurer mes convictions.

La petite fille de Madagascar :

Nous sommes en juin 1972. Dans le cadre de mes responsabilités dans le Secrétariat de l’Union Générale des Fédérations de Fonctionnaires de la CGT, j’avais été chargée des relations internationales. Il y avait peu de femmes à l’époque dans ce type de responsabilité, considéré comme « noble » et donc masculin ! Mais à l’UGFF, comme ça n’intéressait personne, on me l’avait confié. Et moi, ça me passionnait. À ce titre, je travaillais avec la confédération et je fus désignée pour participer à une délégation à Madagascar. Ma première délégation et dans un des pays les plus pauvres du monde. Au programme, les camarades du syndicat de la FISEMA ( proche de la CGT ), nous ont amené visiter une carrière de pierres. Le directeur était bien sur blanc, ancien colon, habillé comme un militaire et un stick-matraque à la main. Il habitait une belle maison de style dit colonial. Il accepte, après une longue discussion, que nous allions voir la mine de près et nous autorise à parler aux ouvriers ( oui, autorise ! ) La mine … des petits garçons suspendus dans l’air à plusieurs mètres, à des cordes, détachant au pic des morceaux de roches qui tombaient au sol. Un fracas continu. Au sol, des petites filles ( dans les 5 à 8 ans ), à genoux, cassant sur une grosse pierre plate, avec un marteau, ces morceaux de roche en petits cailloux, genre gravier. Sous un soleil de plomb. Elles avaient leurs petits doigts esquintés, déformés, par les blessures des coups de marteau ratés. Les femmes charriaient ces graviers dans un sac sur le dos et les versaient dans une benne. Les hommes tiraient la benne pleine à la corde, comme un cheval de trait. Une famille gagnait par jour le prix d’un kilo de riz. Je m’étais approchée d’une de ces fillettes. Elle a levé vers moi ses grands yeux noirs. Je craignais de l’apeurer. Non, c’était des yeux vides. Des yeux qui n’avaient rien à regarder, à voir, à espérer. L’interprète m’a dit qu’elle avait 7ans et n’était jamais allée à l’école.

De la révolte humaine à la violence sociale :

Ma vie militante internationale me fera découvrir bien des visions dures à supporter du sort réservé à des humains. Mais la petite fille de Madagascar m’a inspiré un sentiment de révolte tel que j’ai compris ce jour-là, physiquement presque, que l’on pouvait répondre par la violence et la transgression de l’ordre, à tant d’injustice et de souffrance sociales. Et la soirée me réserva un autre moment difficile. Le syndicat local avait invité la délégation française à manger. Un vieille table sous un arbre. Des petites cuvettes en émail ébréchées comme assiettes.D’anciennes timbales en fer blanc comme verres. J’étais la seule femme à table. Les familles des responsables locaux et tout le village nous entouraient et nous regardaient manger. Des petits poissons frits avec du riz et une sauce pimentée. En fait, c’était surtout le contenu de notre assiette qu’ils regardaient avec envie. Ma petite fille était au premier rang. Je ne pouvais rien avaler. Gilbert Julis, le responsable de notre délégation, me décocha un coup de pied sous la table. Je continuais à rester figée. Il me fusilla du regard et marmonna entre ses dents : «Manges, bon sang ! Ils se sont mis en quatre ! Tu vas les vexer ! » J’ai mangé … et tout vomi plus tard.

Je ne me suis pas éloignée de St. Barth et St. Martin. Ce sont toujours les mêmes mécanismes qui sont à l’oeuvre. Même si plus de quarante ans se sont écoulés et que des mesures ont quand même dues être prises pour ripoliner la façade du néo-colonialisme français, dans nos DOM-TOM. Et je n’ai pas honte de vous confier que les larmes me sont montées aux yeux en repensant à la petite fille de Madagascar …

lundi 28 août 2017

De la « pédagogie » …..

J’ai envie de pousser un coup de gueule, comme aurait dit mon pote Jean-Claude Poitou. Pas suffisant pour faire la révolution, mais nécessaire de temps en temps pour ne pas exploser ! Je ne supporte plus la « pédagogie ». Hollande et ses ministres nous faisaient régulièrement le coup. Le Macron remet le couvert ! Non seulement nous détestons les réformes, mais il faut nous les expliquer sous toutes les coutures ! Le président et ses ministres vont nous donner des cours de réformes, pédagogiquement pensés. Quel mépris pour le peuple français ! Oser appeler « réformes » la destruction des conquêtes sociales et de tout ce qui fondait « la spécificité » française, produits de toute notre histoire et de nos luttes, est déjà un outrage verbal. Ça en devient insupportable. Mais, tout autant, quelle cécité politique d’un groupe social dans sa bulle libérale qui ne connaît rien, ne voit rien, n’entend rien. Ou, pardon, pour certains d’entre eux aux origines plus modestes, ils sont prêts à tout pour rejoindre le monde des riches et des puissants. Ils appartiennent à la catégorie des « plus royalistes que le Roi ». Ce sont souvent les pires avec les petits. On pourra nous suriner, de manière pédagogique, que 5-3=6, le contenu de notre porte-monnaie est le meilleur enseignant ! Et ce porte-monnaie devient chaque jour plus léger parce que une soustraction ne donne pas du plus.

Psychiatrie et terrorisme… où va-t-on ?

Gérard Colomb, ministre de l’Intérieur propose « la mobilisation de l’ensemble des hôpitaux psychiatriques et des psychiatres libéraux de manière à essayer de parer à cette menace terroriste » et de mettre en place des «  protocoles » pour avoir des échanges avec «  ceux qui côtoient des gens qui ont des délires autour de la radicalisation islamiste. Mais où va t’on ? Le ministre propose, ni plus ni moins, une délation organisée au mépris du principe du secret médical qui une pierre angulaire des libertés individuelles et transforme le personnel médical en supplétif de la police Je ne peux m’empêcher de penser que l’assimilation du terrorisme à des troubles psychiatriques, ouvrirait la voie à d’autres dérives destructrices des libertés. Ceux et celles qui contestent l’ordre capitaliste, qui luttent contre des décisions gouvernementales ou patronales et, qui de plus en plus souvent, sont contraints d’avoir recours à des formes d’action « musclées » vont-il être considérés comme des malades mentaux atteints du syndrome de la violence sociale et comme des gens dangereux qu’il faut empêcher de nuire ! À quand le retour des lettres de cachet ? Cette proposition de Colomb ne vous rappelle rien ? Le tollé des enseignants et des parents d'élève, il y a quelques années, à la suite d’une circulaire d’un ministre de l’Education demandant que soient détectés et fichés les enfants à la maternelle qui sont susceptibles de présenter des comportements violents. Mais surtout, les critiques contre la détention dans des hôpitaux psychiatriques des dissidents dans l’ex-URSS et d’autres ex-pays socialistes. Voilà que ce qui était condamnable ( et ça l’était vraiment ! ) en URSS deviendrait une mesure de prévention et de protection de nos sociétés. Le terrorisme doit être condamné sans appel quelles que soient ses motivations religieuses ou autres. Mais ce n’est pas une maladie. Les terroristes ont une idéologie, des croyances, des convictions qui les conduisent à tuer et à mourir. Les nazis, les tortionnaires de tous bords d’hier et d’aujourd’hui, ne sont pas pour la quasi totalité des malades mentaux. Leurs forfaits relèvent de la justice. Un psychiatre a dit fort à propos « que l’état de droit n’est pas l’état de santé ». À côté de l’ensemble des services publics concernés par la lutte contre le terrorisme, ce sont aussi ( et surtout ) avec des idées qu’il doit être combattu. Il serait plus que temps que nos dirigeants analysent enfin les racines des causes et motivations du terrorisme dit islamiste contemporain. Incontournable pour initier des politiques nationales et internationales à la hauteur de ces enjeux. J’y reviendrai.

samedi 26 août 2017

L’avance des banques pour les aides à domicile …. ……. Les nouveaux fermiers généraux.

Comme les banques ne nous ont pas habitué à être des philanthropes, je me suis tout de suite demandé ce que cachait la proposition du MEDEF. Les banques en effet avanceraient aux particuliers employant des aides à domicile la moitié du salaire des intéressés. Cela créerait des centaines de milliers d’emploi, nous dit-on, en allégeant immédiatement le coût de ces emplois pour les particuliers. L’Etat verserait ensuite aux banques cette moitié et les entreprises prestataires de ces aides à domicile paieront elles les intérêts de la partie avancée par les banques. Nous y voilà ! Non seulement, et bien évidemment, les banques se font payer leur avance et les entreprises ne manqueront pas d’inclure les dits-intérêts dans leurs tarifs, mais le système proposé vise plus loin. D’abord, il entend éliminer tous les particuliers employeurs puisque seules les entreprises d’emplois à domicile sont concernées. Quid du crédit d’impôts pour ceux qui ne passent pas par une entreprise car on peut s’interroger sur le maintien de celui-ci après la généreuse mesure de l’avance ! Ce système va conduire les banques à créer leurs propres entreprises d’aide à domicile ou à passer des accords avec des entreprises spécialisées déjà existantes, et ainsi à accélérer des concentrations dans ce domaine d’activité. Exit les petites associations ou entreprises locales ancrées dans le tissu économique et social d’un territoire. Quant à l’eldorado d’emplois miroité, on en reparlera ! On sait bien que ce sont les couches moyennes de couples de salariés notamment du tertiaire et les retraités, qui ont le plus recours aux aides à domicile. Moitié avancée ou pas, une bonne partie de la population n’aura pas les moyens de recourir à ces aides à domicile, en dehors des dispositifs d’aide des conseils départementaux pour les plus démunis. Et avec les réformes de Macron, pardon je me trompe car il faut dire paraît-il transformations, c’est plutôt une réduction de ces emplois qui est à craindre. Mais c’est la signification profonde de cette proposition qui doit être mise en exergue : une étape vers le système des fermes de l’Ancien régime. Un système de même nature a été conçu ! Le Roi affermait la collecte des impôts indirects. Ceux qu’on appelait des « traiteurs » ou des financiers, enrichis dans le négoce et les prêts d’argent, avançaient au Roi un montant forfaire estimé de ces impôts. Puis, ils se chargeaient de la collecte et faisait leur beurre sur le dos du peuple. …et n’ayons pas la mémoire courte : c’est, entre autres, ce fonctionnement fiscal privatisé et usuraire qui a fécondé 1789 ! Il vaudrait mieux nous épargner un tragique retour en arrière dont cette proposition du MEDEF n’est qu’un maillon.

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