Je jubile. La découverte des chercheurs britanniques sur « Cheddar Man » est un vrai pied de nez aux racistes de tous bords ! Imaginez. Un squelette, qui était déjà connu, mais dont les progrès scientifiques viennent de définir quelle allure il avait... on le croyait blanc, blond et aux yeux bleus, comme le laissaient à penser des analyses antérieures moins pointues. Et bien non. Cet homme, originaire d’un peuple de chasseurs-cueilleurs du Moyen-Orient, qui a migré il y a 10 000 ans, à la fin de l’ère glaciaire, vers l’Europe du Nord .... avait la peau noire, les cheveux noirs bouclés et les yeux bleus. L’explication est simple et chimique ! Les peaux claires transforment mieux la vitamine D dans les régions pauvres en soleil. La couleur de la peau humaine a donc évolué en fonction du climat et de l’ensoleillement des régions où les hommes se sont installés et sédentarisés. Ce qui nous renvoie au constant suivant. Une peau bronzée sur la plage de nos vacances, c’est super surtout si on peut y accoler le nom d’un lieu de villégiature dans l’air du temps. Un teint hâlé sur les pentes d’une station de ski, ça pose socialement : « on est allés à la neige ». Une peau colorée aux UV, c’est bon pour le moral et ça met plus en valeur nos quadras soumis à une compétition professionnelle dans laquelle le physique monte en charge. Mais la peau noire naturelle, toutes nuances de la palette comprises, c’est la marque d’une infériorité : de race, sociale, culturelle. Vous n’êtes pas « comme les autres » et ce regard des « autres » est une douleur permanente. Atténuer ces stigmates de l’infériorité devient alors un objectif conscient ou inconscient, très commercialement exploité par les faiseurs de fric. Pour défriser les cheveux crépus, pour éclaircir la peau, pour transformer les signes de cette négritude. La France ou la Grande-Bretagne qui furent des empires coloniaux ayant dominé des peuples « bronzés » et imposé leur civilisation, leur mode de vie, leurs institutions, ont généré chez certains ce sentiment de supériorité. Il n’avait jamais été majoritaire en France, même aux périodes sombres de notre histoire. Les crises de toutes natures qui secouent le monde accélèrent les mouvements migratoires. Nous le vivons tous les jours, à une échelle encore très modeste. Mes profs du très sérieux et conservateur IFRI ( Institut Français de Relations Internationales ) qui en partenariat avec l’Université de Marne la Vallée, organisait un DEA sur la « Prévention et gestion des conflits Internationaux, en 1995-96, nous enseignaient fort lucidement avec recherches et expertises à l’appui, que le troisième millénaire serait celui des grandes migrations comme celles qui avaient suivi la fin de l’époque glaciaire ! Beaucoup, beaucoup de « Cheddar Man » en perspective sur les chemins et mers des continents. Les braves anglais, encore sous le choc, de cette révélation, pourront toujours se raccrocher au bleu des yeux de leur ancêtre. Moi, j’ai un faible pour le vert car ça se marie bien avec le foncé. Mais les yeux marron de mon brun de mari porteur des métissages de la Méditerranée, ne sont pas mal du tout !