Mayotte ....combien de nos concitoyens métropolitains savent où se trouve Mayotte et seraient en état de donner le nom du chef lieu de ce département français depuis 2009 ? Mayotte achetée par la France en 1841, incluse dans l’Archipel des Comores, érigé en colonie en 1946 et qui choisit en 1974 de rester française alors que le reste de l’Archipel optait pour l’Indépendance. Et depuis 2014, elle a le statut dans l’Union Européenne, de « région ultra périphérique » ( je suis admirative du vocabulaire de Bruxelles pour vous faire prendre des vessies pour des lanternes ) Après les mouvements sociaux d’envergure en Guadeloupe, il y a peu d’années, ceux de Guyane plus récemment, c’est au tour de Mayotte de vivre depuis trois semaines un mouvement social qui mérite attention. Ces mouvements ont des ingrédients et caractéristiques semblables. Ils sont animés par de très larges collectifs qui associent organisations structurées, en premier lieu les syndicats, et des groupes de citoyens ou des citoyens individuels. C’est dire s’ils reflètent la diversité des milieux sociaux, la communauté de leurs revendications et aspirations et un rapport de forces en conséquence. Ils mettent en avant l’insécurité qui prend des proportions et des formes qui ne sauraient être minorées. Et cela dans un contexte d’une immigration clandestine grandissante venant des autres îles des Comores. Ce phénomène de pompe aspirante des DOM français sur des voisins plus pauvres qu’eux n’est pas un phénomène nouveau. Je me souviens lors de mon premier séjour en Guyane en 1972 de l’afflux de clandestins du Surinam et du Brésil que les patrons embauchaient sur une place, tous les matins pour la journée , pour une bouchée de pain ! Et déjà les réactions que cela suscitait chez les Guyanais. Aussi, voilà Mayotte devenant un sujet d’Audimat. Quelle aubaine, de la violence et de l’immigration clandestine ! Et le bordel social. Tremblez, braves gens. Voilà ce qui vous attend ! Mais le brasier alimentant l’insécurité sur l’île est présent depuis longtemps. Il s’alimente aux braises des misères. Mayotte est le département le plus pauvre de France. Elle n’a pas encore amorcé l’évolution régulatrice de la fécondité, ce qui revêt toujours une dimension culturelle et économique. 84 % de la population est en deçà du seuil de pauvreté ! Oui, 84% ! Le chômage approche les 30 %. Le manque de classes, d’équipements sociaux, de services publics, exaspère la population. Arrêtons là l’énumération des brillants résultats de la départementalisation. La France n’a pas à être fière et filer des leçons à tant d’autres pays ! Tous les gouvernements depuis 1946 sont responsables. Ils ne jouaient pas leur élection sur le sort de Mayotte l’inconnue. A en juger par les premiers propos de la Ministre des Outre-Mer, on peut s’interroger sur ce que va faire le gouvernement. Ça débute par une démarche « technocratique » comme d’habitude. La Ministre propose : une méthode, un calendrier, un travail de fond... ! Comme si les problèmes n’étaient pas identifiés. La population veut des décisions politiques et des sous ! On causera technique et dossiers après. Mais je parie que dès aujourd’hui, on va annoncer l’arrivée de forces de police supplémentaires. Je pense que nos concitoyens devraient être attentifs à la situation à Mayotte. Car, la destruction économique et sociale en cours, ici sur le territoire métropolitain, nous rapproche lentement mais sûrement vers une situation de pays, hier dit en voie de développement et de nouveau aujourd’hui, redevenus sous-développés. Ayons en tête, le récent texte publié par les sommités des médecins anglais, déclarant que l’état du système public de santé britannique avait atteint un tel seuil de dégradation qu’il était devenu celui, précisément, d’un pays sous-développé. Merci aux politiques libérales. Grâce à Madame Tatcher, nos amis anglais ont pris un peu d’avance sur nous. Soyons solidaires des populations de Mayotte mais aussi de toutes les victimes de la pauvreté, condamnées à fuir pour espérer survivre.